Hommage de la Pr Kalthoum Meziou Douraï à Sadok Belaïd: Un homme de conviction, un intellectuel et un citoyen engagé
Par Kalthoum Meziou Douraï - Des mots pour parler de Si Sadok ? Savoir, érudition, transmission, tout cela est bien connu. Si Sadok était un universitaire de haut niveau et un ancien doyen respecté de tous, il a consacré sa vie à l’Université et à la recherche et a formé des générations de juristes.
Je n’ai pas eu le privilège de suivre ses cours, il était professeur de droit public et j’étais privatiste. Il était Doyen de la Faculté de droit de Tunis – la seule faculté de droit à l’époque - et je n’étais qu’une simple étudiante préparant un troisième cycle. Devenue assistante, j’ai pu le côtoyer de plus près ; avec le temps, des relations amicales se sont installées entre sa famille et la mienne avec, de ma part, toujours une sorte de déférence à son égard. Car je découvrais d’autres aspects de sa personnalité. Si Sadok n’était pas seulement un enseignant ayant une haute idée de l’Université et de ce qu’elle devait représenter, il était bien plus que cela. Homme de culture dépassant de loin la discipline juridique, homme de conviction, intellectuel et citoyen engagé, Si Sadok avait des principes qu’il défendait haut et fort. Les débats auxquels il participait étaient toujours passionnants, maniant rigueur et fougue, il y ajoutait toujours de la bonne humeur et souvent une pointe d’humour qui permettait de détendre l’atmosphère.
Intellectuel et citoyen engagé, Si Sadok s’est toujours intéressé à la chose publique, il a joué un rôle important au ministère de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, il a été consultant juridique de certaines institutions comme la Ligue arabe ou l’Unesco, il s’est particulièrement illustré, après la révolution, affirmant avec force son attachement à la démocratie, à l’Etat de droit ainsi qu’au respect des libertés publiques et des droits fondamentaux.
Son intérêt pour les questions juridiques et politiques ne s’est jamais démenti. Préoccupé par l’évolution du monde actuel, il devait faire le 22 janvier 2026 à Beit el Hikma, dont il était membre, une conférence attendue par ses collègues, ses anciens étudiants et ses amis sur un thème d’une actualité brûlante : « La rénovation du droit international public est-elle possible ? ». Tous étaient désireux d’entendre son avis sur la question. En raison des intempéries et des inondations, la conférence a été reportée, elle devait être programmée après le Ramadan et les fêtes de l’aïd, mais le sort en a décidé autrement.
Si Sadok nous manque et continuera à nous manquer.
Kalthoum Meziou Douraï
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