Tunisie – Autriche : Quand Charles VI et Hussein ibn Ali engageaient 300 ans de relations
C’est une belle histoire qui mérite d’être consignée. Trois siècles de relations diplomatiques entre la Tunisie et l’Autriche (1725 – 2025) renvoient à des époques successives mais à une volonté commune : bâtir une amitié durable. Pour célébrer ces 300 ans, l’ambassade d’Autriche en Tunisie a eu l’initiative d’éditer un bel ouvrage de près de 280 pages, nourri de textes d’historiens et de diplomates, illustré de précieux documents et publié grâce à de généreux donateurs. (Editions Simpact)
Prenant ses nouvelles fonctions à Tunis en 2024, l’ambassadeur d’Autriche Stephan Vavrik sera surpris d’apprendre que les deux pays allaient fêter 300 ans de relations diplomatiques, en 2025. Un beau livre était mis en chantier par l’ancienne ambassadrice Ulla Krauss-Nussbaumer. Il prendra en charge son aboutissement. Dans un avant-propos, il écrira : « Nous envisageons l’avenir avec confiance et espérons que ces relations bilatérales, diplomatiques et en partie personnelles se poursuivront de manière pacifique et amicale. »
Il appartiendra à Mounir Fendri, professeur à l’Université de la Manouba, de planter le décor. Il rappellera que l’Empereur Charles VI d’Autriche, « souhaitait sérieusement établir des relations diplomatiques avec les trois Etats du Maghreb, la Tunisie, l’Algérie et la Libye », avec pour « objectif principal d’éliminer la nuisance qui entravait les projets de politique économique et commerciale de l’Empereur, visant à faire de l’Autriche une grande puissance maritime. » Un premier incident survenu avec l’Algérie ayant capturé un navire, a en accéléré l’urgence. En vain. C’est la Tunisie, sous le règne du bey Hussein ibn Ali qui sera le premier pays à signer le 23 septembre 1725, au Bardo, le traité de paix. Une délégation autrichienne était venue accompagnée d’un représentant de la Porte Sublime dépêché d’Istanbul. Il fallait attendre 1732 pour que le premier envoyé spécial du Bey, Youssof Khoja, débarque d’abord à Naples, alors sous administration autrichienne, début mars 1932, et arrive à Vienne, le vendredi 27 juin 1932. Il y restera 10 mois, le récit quotidien de son séjour est consigné dans un journal soigneusement tenu par le secrétaire et interprète de la Cour.
A l’indépendance de la Tunisie, des relations diplomatiques seront établies entre les deux pays le 2 mai 1959. Néjib Bouziri, ambassadeur de Tunisie en Italie sera nommé, le 23 mai 1960, premier ambassadeur à Vienne avec résidence à Rome.
Revenant sur les premiers pas diplomatiques et consulaires, l’ouvrage dédié à 300 ans de relations, couvre également la période récente et actuelle. L’ancien ambassadeur d’Autriche à Tunis, Gerhard Weinberger (2012 – 2017), rapportera un témoignage direct des ces années difficiles de la transition. Il mentionne particulièrement la visite en Tunisie du président fédéral autrichien Heinz Fischer, accompagné de son épouse, en janvier 2016, qui fut une grande réussite. Le livre passe en revue la coopération culturelle et les liens économiques pour se conclure sur une invitation au voyage, sous la plume de Hatem Bourial : « La route de Vindobona »
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