News - 01.09.2012

Taoufik Habaieb: «Perspicacité, courage et sens de l’Etat», nous lisons en ouverture :

Leaders le Mensuel : le numéro d’Août en kiosque

Trois titres sont en couverture du Leaders Le Mensuel, en ce mois de septembre (No 16, en kiosques et sur abonnement) : « Pour une sortie de crise », une grande initiative politique lancée par Mansour Moalla, « Menace sur nos retraites » un dossier complet sur les grands risques financiers qui guettent les caisses sociale et « Comment est géré l’ancien empire de Sakhr El Materi », une enquête fouillée.

Le lecteur y trouvera une interview exclusive de Taieb Baccouche, secrétaire général de Nida Tounes, l’analyse de la situation en Tunisie par l’ambassadeur de la Fédération de Russie à Tunis, Alexandre Cheïn, une série d’opinions signées par Walid Bel Hadj Amor, Mohamed Larbi Bouguerra, Habib Mallekh, une « Lettre à mes ami(e)s marocain(e)s » rédigée par Rafaa Ben Achour, ancien ambassadeur à Rabat et un reportage sur la situation à Dar Assabah avec un portrait de Kamel Sammari. De son côté, le Pr Fayçal Hentati lance dans ce numéro un appel pressant pour sauver la neurologie tunisienne. En plus de la présentations des récentes nominations et des chiffres phares ainsi que de l’actualité littéraire et artistique.

 

Ultime rentrée politique, mais aussi économique et sociale que celle qui commence en ce début septembre. Enjeu central, la finalisation de la Constitution ouvrant la voie, après les élections, à la création des nouvelles institutions de l’Etat, clef de voûte pour la stabilisation du pays et la réalisation effective de la transition. Tout est là, mais en attendant, les préalables sont importants et les urgences économiques et sociales ne peuvent souffrir le moindre retard pour y faire face.

Il est clair à présent que l’échéance du 23 octobre pour la rédaction de la Constitution, afin de la soumettre au débat et à adoption, risque de se révéler difficile à respecter. D’autant plus qu’il faudra y ajouter l’examen d’au moins trois autres textes déterminants pour l’organisation des prochaines élections. Il s’agit en effet de la création de l’instance chargée des élections, en relais avec l‘ISIE, de la loi sur les partis et de la loi électorale. Au rythme où se déroulent les débats à l’Assemblée nationale constituante, tant en commissions qu’en séances plénières, et au regard des impératifs techniques et logistiques nécessaires pour les élections, la convocation du corps électoral pourrait prendre, elle aussi, des délais supplémentaires par rapport à la période de mars-avril souvent annoncée.

Tout cela maintiendra le pays dans une effervescence électorale et ne fera qu’exacerber les passions. Comment parvenir dans cette atmosphère où enflent les ego au sein de la classe politique, tous partis confondus, et se déchaînent les revendications, les relents tribaux et les tentatives d’occupation de l’espace public et de domination idéologique, à garantir la sérénité d’un débat sur les questions fondamentales que portent la future Constitution et l’organisation d’un scrutin transparent ? Quelles sorties de crise possibles ? Divers scénarios s’esquissent, exigeant vision et détermination politiques. De premiers éléments de ce débat crucial en sont fournis dans les pages qui suivent.

En prolongement des questions politiques, il faudrait  accélérer la démarche pour relancer la machine économique, répondre aux attentes d’emplois, de revenus minimums à assurer aux plus démunis et réduire les inégalités entre les régions et les couches sociales. Sans oublier les réformes profondes et urgentes à mettre en œuvre. Les fortes menaces qui pèsent sur les finances des caisses sociales et, partant, sur les retraites à servir en offrent déjà un exemple. Les déficits annoncés sont préoccupants. Plus on tarde à s’y engager, plus lourd sera le sacrifice à payer par tous, comme le souligne le dossier que nous publions dans ce numéro. Il en sera de même pour la Caisse de compensation et bien d’autres dossiers où des mesures drastiques doivent être prises avec courage, quitte à déplaire, pour le moment, aux électeurs.

Perspicacité, courage et sens de l’Etat au-dessus des partis sont sans doute les maîtres-mots pour tous en cette rentrée. Les Tunisiens sont impatients de voir le pays se stabiliser et la transition s’accélérer, avec le minimum de soubresauts possible et les meilleurs dividendes rapides de démocratie, de justice et de liberté.

T.H.