News - 29.10.2026

Mohamed Ridha Laafif: Si Rachid Sabbagh, le jurisconsulte

Mohamed Ridha Laafif: Si Rachid Sabbagh, le jurisconsulte

Par Mohamed Ridha Laafif - Le 15 septembre 2026, le président Rachid Sabbagh est décédé. Son nom restera toujours intimement lié à la magistrature, mieux, à la justice dans toute sa noblesse.

Éminent magistrat, de formation traditionnelle et moderne, parfait bilingue voire trilingue (en anglais), il a pu occuper les différents postes au sein de la hiérarchie judiciaire avec compétence, aisance, probité et intégrité. Après avoir présidé plusieurs chambres, aussi bien du Tribunal de première instance de Tunis, puis de la Cour d'appel de Tunis, puis la consécration avec la Première présidence de la Cour de cassation, après avoir dirigé les cabinets des ministres de la Justice, feu Mohamed Bellalouna et Slaheddine Baly (1971-1973).

Il a publié un grand nombre d'articles, d'études et d'ouvrages tout au long de sa carrière, couvrant les différentes disciplines juridiques. Son ouvrage relatif au bail commercial demeure toujours une référence.

En février 1991, Si Rachid est nommé Premier président du Tribunal administratif, jusqu'en janvier 1992. Lors de son mandat à la tête dudit tribunal, il a su, avec une délicatesse et un savoir-faire remarquables, attirer l'estime et le respect des magistrats et du personnel administratif. Le fait le plus marquant de cette période sont les jugements rendus en novembre 1991, réhabilitant et faisant droit aux magistrats révoqués en 1985 pour appartenance à l'A.M.T. et appel à la grève.

Sa carrière de juriste, de jurisconsulte continuera de plus belle: missions d'expertise et d'assistance technique auprès des pays et organisations internationales. L'arbitrage national et international fut aussi un domaine où il exerçait sa parfaite maîtrise des mille et un tours du droit.

Nous ne saurions oublier une étape non moins importante dans sa longue et riche carrière: le président Sabbagh a été membre, puis président du Conseil supérieur islamique, où il a fait montre d'un esprit d'ouverture émanant de la «synthèse tunisienne» entre tradition et modernité.

Répondant à l'appel du devoir, il est nommé ministre de la Défense nationale en 2013, jusqu'en 2014, mission dont il s'est acquitté avec impartialité et honneur.

Le président Sabbagh était également un acteur et témoin de la vie culturelle et intellectuelle du pays, sa participation assidue à un certain nombre de cénacles initiés par les grands noms de la magistrature et des lettres: feu Mahmoud Chammam, feu Salah Mehdi et autres figures non moins riches.

Nos pensées les plus émues vont à sa famille, à ses amis et à ses nombreux disciples, qui, j'espère, trouveront dans ces lignes un modeste hommage (oh combien incomplet) d'une vie au service du Droit.

«La justice est le fondement de la civilisation.» (Ibn Khaldoun)

Mohamed Ridha Laafif

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