Anouar Attia: Je me souviens de Nabeul printanier (Album photos)
Je me souviens de Nabeul printanier
Me souviens de ses plus artistes qu’artisans potiers
Me souviens de ses gâteaux farcis à la confiture de bigaradier
Me souviens de ses étals de poupées sucrées
Souhaitant aux passants une heureuse nouvelle année
… Mais surtout je me souviens de ses parfums printaniers
Embaumant la Cité jusqu’à ses recoins reculés
Parfums de fleurs distillées à demeure ou dans des ateliers
… Senteurs mêlées de fleurs d’oranger, de roses Arbi, de sauvage giroflée
De Nesri fleur de l’églantier
Venu depuis la ville du Temple des Eaux par camions entiers
… Toutes fleurs exposées dans des marchés réguliers ou improvisés
Dans des sacs en jute ou des paniers en osier
Ou épandues à profusion sur des bâches à même le pavé
… Symphonie de senteurs «nature» ou distillées
Traversées de subtils effluves venant de Méditerranée
… Je me souviens de Nabeul printanier
Me souviens par le goût et par l’odeur
De ces eaux de rose d’atrachia d’oranger
Bues à même le goulot de ces bouteilles bombées
Enveloppées d’un paillage en osier pour en protéger le verre léger
Je me souviens de Nabeul printanier
Me souviens de la grand-mère de ma bien-aimée
Elle m’avait fait entrer dans son alcôve privée
Avait sorti de son corset sous son tricot Fadhila
Un mouchoir brodé noué autour de ce qu’il contenait
L’avait dénoué libérant des senteurs qui m’avaient plongé
Dans une vision de champs parfumés
Ondulant sous une brise de Mai
M’avait expliqué que l’odeur libérée était celle de la « Majmou3a »,
Mélange de fleurs du printemps passé
Je me souviens de Nabeul printanier
Me souviens des jeunes filles que j’y avais aimées
En passion secrète ou avouée
Cheveux noirs ou blonds ou châtain cuivré
Yeux bleu clair ou vert émeraude ou gris foncé
Sourire espiègle cachant de jeunes secrets
… La vie est un songe
Le plus beau songe que j’aie jamais fait
Est de vous jeunes filles en fleur
Qu’à Nabeul printanier j’avais aimées
Souvenirs en brassées
De Nabeul printanier
Souvenirs ardents ou fanés
Souvenirs ressuscités crus oubliés à jamais
Pour cœur jeune corps usé des années
… Le souvenir est triste le souvenir est gai
Scandes-en pas lourds en pas légers
La valse des années
Anouar Attia
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