News - 18.06.2010

Festival de Carthage : le départ de Mourad Sakli pose toutes les interrogations

Qu’il soit débarqué ou démissionnaire, Mourad Sakli, en quittant à quelques jours seulement la direction du Festival de Carthage, rappelle sans doute tout le statut de cette plus importante manifestation culturelle tunisienne, et l’impératif de revoir sa gouvernance. Depuis sa création en 1964, ce festival installé dans le site exceptionnel et  majestueux de l’amphithéâtre de Carthage constitue un évènement majeur du bassin méditerranéen et une scène incontournable pour toute vedette tunisienne ou arabe en quête de consécration.

Certes d’année en année, la qualité de la programmation n’a pas été constante et, encore moins ascendante.

Certes aussi, les défaillances de l’organisation, notamment l’accueil et le confort des spectateurs ont contraint nombre de fans de renoncer à y aller.

Certes enfin, l’intrusion de Rotana et le diktat de certains imprésarios ont gâché nombre de soirées. Mais Carthage, reste Carthage. Son prestige, son cadre magique et ses soirées ont rythmé les étés tunisiens et bercé les générations successives.

Peu importe aujourd’hui ce qui s’est réellement passé. Dépité pour finir par baisser les bras ? Incapacité à cohabiter avec l’incontournable ? Tout l’espoir fondé sur Mourad Sakli, universitaire et musicologue de renom, qui a déjà fait ses preuves à la tête du Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM, La Maison du Baron d’Erlanger), est, pour certains tombé, à l’eau. Mais, l’essentiel est de rebondir. Sur de bonnes bases.

Moins d'interférences administratives et mieux de spectacles

La toute première est de doter ce festival, mais aussi tous les autres d’un statut juridique approprié, le meilleur étant celui d’association, indépendante et responsable. Rien n’empêche cependant le ministère de la Culture de garder une tutelle, à travers la propriété des droits du Festival et le contrôle de sa bonne gestion, à travers des Administrateurs de droit membres du comité directeur et/ou l’agrément du directeur du festival, ainsi qu’à travers l’inspection administrative et financière s’agissant d’institution bénéficiant du soutien de l’Etat.

Rendre ces manifestations à la société civile, mettre en place une gouvernance efficace, organiser le mode opératoire, fixer les indicateurs de performance, exercer un droit de suivi et de contrôle : autant de garants d’une meilleure gestion de nos festivals. Que le départ de Mourad Sakli serve au moins à hâter la réflexion et l’action sur le statut et le management de nos festivals, avec moins d’interférences et mieux de spectacles.

Addendum: Le journal La Presse rapporte:

"Nous apprenons d’une source autorisée au ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine que le remplacement de M. Mourad Sakli par M. Boubaker Ben Frej à la direction de la 46e édition du Festival international de Carthage a été prise en raison de la marginalisation manifeste des principaux artistes tunisiens dans la programmation de l’ancien directeur, alors que cet important rendez-vous a pour vocation de promouvoir la musique tunisienne et ses artistes.
Comment le concevoir alors sans particulièrement Lotfi Bouchnak, Latifa Arfaoui, Amina Fakhet, Soufia Sadok et Zied Gharsa?"

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4 Commentaires
Les Commentaires
zouari - 20-06-2010 10:14

oui, alors il faudra egalement changer son nom: festival de carthage . la musique et l'art n'ont pas de nationalité, l'art est universel...

Phedra - 23-06-2010 16:34

Et nous alors qui avons tant misé sur l'esprit innovateur de M. Sakli. On aurait tant aimé qu'il dépoussière un peu ce festival tant prestigieux par le nom uniquement mais qui brille d'années en années par sa médiocrité et par la piètre prestation des artistes qui se produisent à l'exception de quelques noms et quelques spectacles !! Oui pour Latifa Arfaoui, Lotfi Bouchnak et autres icônes de la chanson Tunisienne dont on ne peut qu'être fiers mais uniquement s'ils ont un nouveau spectacle, nouvelles chansons à présenter, pas les éternelles chansons reprises chaque année, éternel décor sans décor, scène nue, orchestre assis comme dans une salle de fête célébrant un mariage. Dommage, cette année encore ( à moins d'un miracle), la direction du Ministère de la Culture qui gère le festival de Carthage mise sur la continuité d'une lignée déjà tracée et soulignée ...

Kamanjah - 23-06-2010 23:09

Peut etre ce que veulent les organisateurs du festival de carthage juste une animation d'été, dans ce cas il faut reduire la voilure et revoir les designations.

RAOUF - 25-06-2010 01:24

Mr Sakli est un grand musicien, mais surtout ne jamais oublier ce qu'il à fait pendant 3 ou 4 années à ENNEJMA ZAHRA...Que de réussite !!!! c'était vraiment du REGAL, n'est-ce pas!!!!!!

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