News - 08.06.2015

Ghannouchi : Nous défendrons l’Etat et ne laisserons personne réveiller les démons

Ghannouchi : Nous ne laisserons personne réveiller les démons et défendrons l’Etat

« Où sont passés les autres chefs de parti, les Chabbi,  Ben Jaafar et mêmes ceux de Nidaa? Seul Rached Ghannouchi, sillonne le pays et se mouille la chemise pour apaiser les tensions, mettre en garde contre la discorde et défend bec et ongles, l’Etat ». Pour ce vieux militant islamiste, fier de participer samedi dernier à la célébration du 34ème anniversaire de la création d’Ennahdha, «l’Etat ne pouvait espérer plus fort soutien de ceux qu’on croyaient œuvrer pour sa destruction ». Devant une salle archi-comble où se côtoient plusieurs générations, Rached Ghannouchi devait clôturer les rencontres-débats organisées à cette occasion. Il rentrait d’une grande tournée dans le sud tunisien en ébullition, puis repartir à Sidi Bouzid, Kasserine et des gouvernorats du nord. Son discours était très attendu par les siens.

 

Le chef d’Ennahda s’adressera tour-à-tour aux membres de son mouvement, aux Tunisiens et au gouvernement, en essayant d’établir un fil conducteur qui relie les trois publics. Le message central à ses troupes, c’est qu’Ennahdha se conçoit en mouvement modéré qui accueille en son sein diverses expressions « d’Abdelfettah Mourou à Habib Ellouze ». « Nous devons persévérer dans cette modération et l’élargir, dira-t-il. Nous avons résolu la question de l’identité arabo-musulmane, combattu l’Etat de la dictature et du totalitarisme et restauré la liberté. Aujourd’hui, notre combat, c’est celui de l’équité sociale. »

 

Transition immédiate pour s’adresser aux Tunisiens : « Le grand danger, faut de cette justice sociale, c’est la dislocation des fondements de l’Etat sous la pression des affrontements. Nous nous dresserons face à tous ceux qui entendent réveiller les démons dormants à Jemna, El Faouar, Douz et ailleurs. Nous n’attendons des populations de ces localités, leurs sages les premiers, que de retrouver leurs vraies valeurs, et mettre fin à tous ces incidents. A tous les Tunisiens, toutes les tribus et catégories, les syndicats et les hommes d’affaires à œuvrer pour désamorcer les tensions, éviter les affrontements et les surenchères afin qu’ils ne soient pas complices de ceux qui veulent saper l’État. Nous devons être tous ensemble au premier rang dans la défense de la patrie. Il n’y a point de dignité, de liberté et d’éthique, hors de l’Etat. »

 

Ce soutien très fort au gouvernement est assorti cependant d’une recommandation. Et, c’est le troisième message de Rached Ghannouchi. « L’État doit cependant se mettre à l’écoute de la jeunesse, mieux comprendre ses préoccupations et œuvrer à y répondre. »

 

Le chef d’Ennahdha ne terminera pas ses propos sans dessiner de nouvelles perspectives pour les militants de son parti. « Nous voulons pousser au plus vite vers la démocratisation des pouvoirs locaux. Nous avons réussi à répartir les pouvoirs entre Carthage, la Kasbah et le Bardo. A présent, ce même élan doit s’étendre à toutes les localités. » Le clin d’œil aux élections municipales est clair. Ce nouveau scrutin est très attendu par les militants d’Ennahdha afin d’occuper des positions clefs, voire rafler la majorité dans nombre de communes.