News - 25.02.2013

Une Tuniso-Finlandaise Ambassadrice des jeunes : une expérience à méditer en Tunisie

Savez-vous qu’en Finlande, le taux de chômage des jeunes diplômés avoisine 20.5% des jeunes en  âge de travailler (sur la tranche d’âge 15-24 ans ; hommes:22%etfemmes: 18,8% - 2009).Ce taux se situe à17,7% pour les jeunes de 18-25 ans. Comparé à la Tunisie, ceci n’est pas pour autant dramatique mais peut être problématique pour un pays nord-européen où le taux de chômage des jeunes avoisine les 11-12%(1)  comme la Norvège ou le Danemark). Et pourtant, la Confédération des industries finlandaises (EK) et le bureau de l’information économique de la confédération viennent de nommer une jeune Tuniso-Finlandaise (Aïcha Manaï (2)) en tant qu’Ambassadrice des jeunes en charge d’assurer la liaison entre les jeunes diplômés d’une part, le bureau d’information économique, et la confédération des industries finlandaises, d’autre part. Le but primordial étant de motiver les entreprises à recruter davantage de jeunes et nouveaux talents, en identifiant les besoins de ces entreprises en compétences, et d’assister les jeunes en leur conseillant d’accorder la plus grande importance à la manière avec laquelle ils doivent affiner leur profil en vue de répondre aux besoins des entreprises industrielles et du marché de l’emploi et enfin, de les aider à orienter leurs recherches d’emploi vers les industries ou les secteurs les plus demandeurs. En ouvrant les voies de communications entre les jeunes générations et le monde des affaires, l’objectif serait de diminuer le taux de chômage des jeunes et l’augmentation de leur chance en s’intégrant au monde des affaires. Le rôle de l’Ambassadrice des jeunes est primordial du fait de son aptitude à mieux comprendre les difficultés des jeunes ainsi que leurs contraintes (besoin de reconnaissance de leurs aptitudes et d’autonomie dans la gestion de leurs carrières) en plus de sa grande sensibilité aux problèmes des jeunes sans emploi, ayant elle-même passé par cette phase et connu les affres du chômage, alors qu’elle a récemment obtenu avec brio sa maîtrise en administration des affaires auprès de la faculté de sciences économiques deHanken à Helsinki.

Le choix des autorités pour Aïcha, en tant qu’Ambassadrice des jeunes a été motivé par le fait qu’elle a soutenu son mémoire de fin d’études sur le marketing professionnel des jeunes étudiants, basé sur une méthodologie d’évaluation d’impact des démarches du self-marketing (approche marketing). Pour remplir son rôle dans les meilleures conditions de succès, Aïcha utilise bien sûr les médias sociaux pour être plus près deses jeunes compères. Elle dispose d’un blog et d’une page Facebook(seulement en Finlandais, hélas)   http://tat.fi/nuorisolahettilas /www.facebook.com/nuorisolahettilas). Elle a environ 200 fans. Le blog est suivi par quelque 300 lecteurs en ce moment, vu la nouveauté du poste mais deviendra certainement beaucoup plus populaire auprès des jeunes par la suite. Aussi, les entreprises finlandaises peuvent-elles tirer profit du blog car elles peuvent s’informer sur ce que les générations futures de travailleurs pensent et de ce qu'ils attendent de leur vie professionnelle. Aïcha organise quotidiennement des réunions d’affaires avec les décideurs de différents domaines d'activités, participe à des manifestations organisées par les entreprises et à des colloques des jeunes organisées par les ministères, visite les écoles, centres professionnels et universités et maintient de bonnes relations avec les médias finlandais où elle présente ses activités et les succès enregistrés à ce jour (success stories des jeunes auto-employés ou récemment recrutés par les entreprises industrielles, grâce aux efforts entrepris).

En Tunisie, où le chômage des jeunes atteint des proportions alarmantes, cette démarche, aussi simpliste soit-elle, peut se révéler opportune. En effet, il n’y a que les jeunes de même génération qui peuventparler en leur nom et défendre leurs causes (voire avec acharnement) auprès des autorités et du monde des affaires. Les fédérations patronales ainsi que les autorités doivent bien sûr apporter leur appui à ces jeunes ambassadeurs en leur accordant toute la confiance nécessaire en tant qu’interlocuteurs valables pour approfondir le dialogue et trouver ensemble les solutions aux problèmes des jeunes sans emplois, bien loin des atermoiements d’ordre politique. Les démarches des associations des jeunes diplômés (AISEC, ATUGE, et autres alumnis des écoles et universités) sont aussi importantes mais doivent être appuyées par l’UTICA et les autorités et surtout coordonnées entre elles,et ce en apportant un complément aux efforts fournis par ces ambassadeurs.
Quand nos jeunes ambassadeurs seront-ils à l’œuvre dans les différentes régions de notre chère Tunisie ?

(1) http://www.indexmundi.com/map/?v=2229&l=fr

(2) Aïcha Manaï est née à Helsinki, en Finlande en 1984, de père tunisien et  de mère finlandaise. Elle est titulaire d’un master auprès de la très prestigieuse HankenSchool of Economics- accréditée internationalement (Equis and AMBA)- en 2011 (Option Marketing). Sujet de mémoire : développement des aptitudes des jeunes étudiants à l’auto-marketing

Hédi Ben Hassen,
Cadre dans une organisation internationale

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